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Le Feng Shui

Interview de Olivia Roy, expert en Feng Shui

Olivia Roy_50 bdDe plus en plus de sociétés sont soucieuses du bien-être de leurs salariés et il y a un réel engouement pour cet art d’appréhender les lieux de travail et de vie.
Olivia Roy réalise des expertises en entreprise pour Les Verseurs d’Eau.

Olivia, comment vous êtes-vous intéressée au Feng Shui et quel a été votre cursus ?

Productrice dans l’édition et la publicité pendant une quinzaine d’années, j’ai découvert le Feng Shui en 2004 par le biais d’un ouvrage de vulgarisation qui m’a donné l’envie d’en savoir plus. J’ai rencontré mon maître Marie-Pierre Dillenseger, en 2005, qui a enseigné pendant plus de 10 ans le Feng Shui traditionnel chinois au FSRC France. Le Feng Shui Research Center est un organisme d’enseignement et de recherche appliquée, qui a été fondé par Maître Joseph Yu. Cette rencontre a été décisive et je pense que cette formation se poursuivra… ma vie durant sur le terrain ! Au-delà d’appréhender et décoder les lieux, le Feng Shui est un art taoïste millénaire, au même titre que l’acupuncture, les arts martiaux ou la pharmacopée Chinoise.

Après avoir reçu le Higher Diploma, j’ai décidé d’en faire ma profession et j’ai démarré mon activité de consultante auprès des entreprises et des particuliers en 2008, ce qui m’amène à intervenir aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, là où les lieux m’appellent. Je travaille toujours en fonction d’une problématique et dans le but de mettre en adéquation un lieu avec un projet de vie à un moment donné : la conjugaison du spatial et du temporel est essentielle dans la Pensée Chinoise.

Maître Joseph Yu (fondateur du FSRC à Toronto) m’a accordé le Teaching Certificate, ce qui me permet, à mon tour, de transmettre la parole reçue et délivrer des formations.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la manière dont vous procédez pour nous faire découvrir votre pratique professionnelle ?

La carte énergétique d’un lieu se construit à partir de son orientation dans l’espace (spatial) et de sa date de construction (temporel). Ces informations nous permettent de décrypter l’ADN d’un lieu. L’approche du Feng Shui traditionnel chinois permet d’analyser les points d’engorgement énergétiques et de mieux comprendre pourquoi un lieu dysfonctionne.

Je vais prendre le pouls du lieu et relancer le mouvement en activant un méridien, comme en acupuncture. Il n’est pas obligatoire de tout casser, repeindre, transformer… Même si on s’appuie sur l’espace, l’analyse n’est pas une technique de déco : elle va être impliquante et la lecture du lieu permet une mise à plat de vos forces mais aussi de vos points bloquants. La vitalité qui se dégage dans les jours qui suivent n’est pas forcément visible mais le ressenti est là. Au-delà des symptômes, on va traiter la cause.

Pour démarrer une expertise, il me faut un plan à l’échelle et la date de construction du lieu. Je n’effectue pas d’expertises à distance, ce qui pour moi n’est pas professionnel. Le Feng Shui est avant tout un travail d’observation minutieux et indispensable de l’environnement, du quartier, de l’immeuble et enfin du fonctionnement du lieu proprement dit.

Les lieux, finalement, ne sont-ils pas comme un grand corps vivant dans lequel circulent plus ou moins bien les énergies ?

Tout à fait ! Le Feng Shui c’est aussi considérer un lieu comme un organisme plein d’une énergie qui ne demande qu’à ressourcer ses occupants – et non l’inverse ! Le centre de gravité est le cœur du lieu qui lui permet de vasculariser toute la carte énergétique. Mon travail est de voir là où ça coince et pourquoi… et d’y remédier en permettant à nouveau la respiration et la libre circulation de l’énergie que l’on appelle « Qi » et qui signifie « souffle », « haleine », « humeur », « fluide » : quelque chose d’impalpable qui circule. Mon rôle est d’identifier les blocages, d’établir un diagnostic et de voir dans quelle mesure on peut les contourner (et on ne casse pas les murs pour autant !) et redynamiser les choses. Mon objectif est de favoriser le renforcement de l’énergie vitale de l’individu à travers son lieu.

Lorsque les entreprises font appel à vos compétences, quelles sont leurs motivations premières : l’esthétique, la fonctionnalité ?

Un espace n’est pas simplement un certain nombre de mètres carrés, les critères qui permettent de décoder le spatial vont au-delà du fonctionnel, de l’économie, de l’esthétique, de l’orientation ou de l’ensoleillement. Il y a un critère énergétique qui est déjà posé. Vous pouvez avoir une pièce très ensoleillée mais qui, lorsque l’on va faire l’analyse de cette pièce-là, ne comporte pas d’énergie du Feu (liée à la lumière). Il y a d’abord un décodage énergétique des lieux qui ne se base pas, en majeure partie, sur ce qui est visible. Certaines personnes avec lesquelles je suis en contact ont souvent déjà travaillé en Asie et ont pu voir la pertinence de l’outil sur le terrain. Parallèlement, j’ai également affaire à d’autres clients qui ne sont pas forcément au fait de la littérature qui existe sur le Feng Shui en France…

Vous arrive-t-il d’allier vos savoir-faire à ceux des architectes ou des ergonomes ?

L’analyse de Feng Shui ne se substitue aucunement au travail de l’ergonome, de l’architecte et du décorateur. Elle propose une autre lecture du lieu et offre un précieux complément de conseils souvent subtils et immédiatement utilisables.

La plupart du temps, ces différents intervenants me recommandent auprès de leurs clients, des chefs d’entreprise qui ont une ouverture et un grand pragmatisme : en tant que responsable d’une équipe, ces personnes vont désirer mettre toutes les chances de leur côté, soit parce qu’ils sont en train d’opter pour un nouveau lieu dans lequel ils souhaitent optimiser les forces en présence et favoriser le bien-être de leurs employés, soit parce que leur lieu montre des symptômes de dysfonctionnement (turnover, chute du CA, absentéisme inexpliqué), soit parce que le site dans lequel ils ont choisi de s’implanter a traversé un traumatisme (incendie, cambriolage).

Comment procédez-vous concrètement entre le premier entretien et la livraison de votre travail ?

Il y a un premier entretien où je fais la connaissance du client, du lieu et de sa problématique. Dans un deuxième temps, j’effectue un patient travail de décodage de l’espace ; le client et moi nous réunissons à nouveau afin que je lui livre mon analyse et mes observations. Suite à ce deuxième rendez-vous et selon les préconisations, j’établis un rapport d’expertise que j’envoie au client. Une fois que celui-ci a pu les apporter, nous nous revoyons une nouvelle fois pour faire le point, ce que j’appelle la « post-expertise ». En fonction des changements observés, je prends le pouls régulièrement jusqu’à obtention de résultats et j’affine mon approche en fonction de l’évolution de la situation et du ressenti du client.

L’extérieur du lieu, le positionnement de la structure et son environnement ont-ils une importance ?

Le macrocosme compte autant que le microcosme et l’un est relié à l’autre. Tout compte ! Si votre lieu est situé en face d’un cinéma sur une place très fréquentée (Yang), cela aura un impact différent que s’il est situé au fond d’une petite impasse isolée (Yin).

Chaque lieu est unique et a sa propre personnalité ; il recèle un agrégat énergétique que nous rencontrons chaque fois que nous y entrons, que nous nous en éloignons mais surtout dans lequel nous baignons chaque fois que nous y passons beaucoup de temps, à notre insu.

Les champs électromagnétiques sont-ils considérés dans votre pratique ?

Le Feng Shui étudie le bâti, ce que l’on voit en surface. La géobiologie étudie principalement le tellurique, ce qui est sous le terrain : ce peuvent être des courants d’eau, des failles de l’écorce terrestre mais également l’impact des nocivités inventées par l’homme depuis 150 ans et elle veille à créer ou rétablir l’harmonie entre l’être vivant et son lieu de vie.

Déjà en 1993, l’Usine Nouvelle (nº 2416) précisait que la densité des rayonnements électromagnétiques avait été multipliée par un milliard en trente ans ! La justice a reconnu la dangerosité d’une ligne à très haute tension en novembre 2008*, notre environnement quotidien et moderne est peuplé de pylônes et centrales électriques, GSM, Wi Fi, radars, WiMax, DECT, micro-ondes, radioréveils…

Les matériaux de construction ne sont pas en reste : ossatures métalliques dans les maisons préfabriquées, cloisons métalliques non reliées à la terre, tuyaux en fonte, tuyaux de chauffage par le sol ou encore un remblais, sont autant de facteurs auxquels il faut apporter une attention toute particulière.

Il est important de vérifier l’énergie d’un lieu avant de poser la carte énergétique afin de pouvoir ancrer le travail du Feng Shui : si l’énergie n’est pas stable ou suffisante, les remèdes risquent de ne pas être opérationnels. Il faut donc que le niveau énergétique soit optimal. Par ce biais, on active un point d’ancrage, une forme de pensée est en route.

Je travaille donc souvent avec des géobiologues que je fais intervenir en amont du projet afin que le lieu soit dégagé pour que le Feng Shui opère de façon optimale.

Que diriez-vous, pour conclure cette interview, concernant les effets de votre pratique sur les lieux de travail ?

Aucun lieu n’est neutre et chaque lieu est unique. Nous savons tous que nous sommes plus efficaces à certaines heures de la journée, nous dormons mieux dans certaines maisons, nous travaillons plus efficacement sur la table de la cuisine que sur le superbe bureau récemment installé… Le lieu optimal est celui qui vient réveiller, consolider, s’accorder avec ce que vous portez en vous par nature et surtout ce que vous mobilisez comme forces dans la décennie dans laquelle vous êtes. Le Feng Shui est d’abord une technique qui permet de positionner au mieux les personnes dans un lieu. La pratique du Feng Shui traditionnel chinois et une technique de sur-mesure totale.


Olivia Roy a collaboré, entre autres, à l’implantation du nouveau site européen Manutan à Gonesse (135 000 m2).
Cette réalisation innovante, qui a démarré en 2008, privilégie l’humanisme, la performance, le service et l’environnement ;
des fondements humains et environnementaux afin de “vivre mieux pour agir mieux” ont été privilégiés.

 

* http://antennes31.over-blog.com/article-ligne-a-tres-haute-tension-en-correze-la-cour-d-appel-donne-raison-a-rte-46021189.html